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Détection des rayonnements ionisants |
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La
législation évolue trés rapidement dans le domaine
de la radioprotection. |
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I. Introduction L'émission de rayonnements est toujours associée à la radioactivité. Aucun des sens dont dispose l'être humain n'est sensible aux rayonnements émis par les substances radioactives. On ne peut détecter ces rayonnements donc déceler la radioactivité qu'en utilisant deux des types d'interaction entre les rayonnements ionisants et la matière : l'ionisation et l'excitation. Les différents types de détecteurs sont présentés dans le tableau 1. Remarque : il faut faire la distinction entre détecter la présence de radiations et mesurer une grandeur caractéristique telle que le dénombrement des rayonnements, leur énergie, la dose absorbée, le débit de dose absorbée... Détecter est relativement simple, mesurer une grandeur est plus complexe. |
II. Les appareils mettant en jeu l'ionisation des gaz Qu'ils soient ionisant ou non ionisant, les rayonnements d'une source vont ioniser et/ou exciter les atomes du gaz dans l'enceinte du détecteur. On applique une différence de potentiel entre deux électrodes : Sous l'action du champs électrique, les électrons vont migrer vers la cathode et les atomes ionisés vers l'anode qui est la paroi extérieure du détecteur reliée à la masse. Le signal exploité est la collection des électrons : elle induit une variation de tension aux bornes de la résistance R. Ce " paquet d'électrons " collectés que l'on appelle l'impulsion de charges, a une amplitude qui dépend, pour un type de particule donné, de la différence de potentiel appliquée entre les électrodes. Si l'on reporte l'amplitude de l'impulsion en fonction de la tension, on obtient un graphique sue lequel on distingue différentes régions qui correspondent à différents régimes de fonctionnement. Région 1 : régime
de recombinaison partielle Région 2 : régime
d'ionisation primaire Région 3 : régime
de proportionnalité Région 4 : régime
de semi-proportionnalité Région 5 : régime
de GEIGER - MÜLLER Région 6 : |
2. Caractéristiques et comparaison des différents détecteurs à gaz Un compteur capable de fonctionner indifféremment dans les trois régimes (chambre d'ionisation, compteur proportionnel et compteur de Geiger - Müller) n'existe pas en raison des spécificités technologiques nécessaire pour un fonctionnement performant dans chacun de ces régimes. Le tableau 2 résume les caractéristiques de ces trois types de détecteurs. Il indique qu'un détecteur donné est plus adapté ou non à un type et une énergie de rayonnements. La première fonction d'un détecteur (de quelque type que ce soit) est de permettre un dénombrement. Les paquets d'électrons issus de l'interaction entre un rayonnement ionisant et la matière est appelé l'impulsion de charge, i. Le dénombrement consiste à compter le nombre d'impulsions N, pendant un temps t fixé et d'en déduire le taux de comptage, n en impulsions par seconde : N La seconde fonction d'un détecteur est de permettre la conversion de ces mesures en grandeurs essentielles en radioprotection :
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2a. La chambre d'ionisation Les débitmètres sont des chambres d'ionisation. La chambre d'ionisation est en général destinée à la mesure de photons X ou γ, mais le rendement est inférieur à 10%. Cependant, équipée d'une fenêtre mince, elle peut être utilisée pour la mesure de particules β, voire de particules α, avec un rendement qui peut atteindre 100% selon la fenêtre choisie. |
| Remarques : toutes mesures avec un détecteur n'est pas une mesure
absolue. Il faut donc calibrer le détecteur équipé d'une sonde donnée
avec une source d'activité connue (et délivrant le même type de
rayonnement que celui détecté par la sonde !).
a. On détermine ainsi le rendement du détecteur, qui dépend :
b. Cependant, le rendement est défini par la plupart des constructeurs de matériel de radioprotection comme : " le rapport entre le nombre d'impulsions comptées et le nombre de particules émises par la source sous 2p, donc un nombre de rayonnements". c. Il faut convertir les impulsions mesurées par la sonde en désintégrations (en Bq) qui correspondent à l'activité de la source. Exercice : Pour étalonner un détecteur, on dispose de 2 sources test d'une surface de 100 cm2. Les caractéristiques des radioéléments sont : 14C : Eβmax = 156
keV ; I = 100 % ; T = 5730 ans En mai 1985, les taux d'impulsion mesurés sous 2p avec une sonde équipée d'une fenêtre de 12 cm2 étaient: 14C : 2960 i.s-1 ; 137Cs : 3198 i.s-1 En mai 2000, on lit : 14C : 40 i.s-1 ; 137Cs : 80 i.s-1 Quelle est l'activité de chacune de ces sources et le rendement, en mai 2000 ? 14C : A = 2 x 2960 = 5920 Bq
Le taux d'impulsions théorique est donc : 5920 x (12/100) = 710 i.s-1 137Cs : A = 2 x 3198 x (100/95) x exp - [Ln 2 . (15/30)] = 4761 Bq
Le taux d'impulsions théorique est donc : 4761 x (12/100) = 571 i.s-1 En conséquence, les rendements sont : |
Un modèle type de chambre d'ionisation est la " babyline 91 ", très utilisée en radioprotection :
débit de 7 mg . cm-2 Rappel :
dose absorbée =
----------------------------------------------- = 70 µm (3 mm en profondeur) |
2b. Le compteur proportionnel De manière schématique ce genre de compteur est constitué d'un cylindre conducteur qui contient un gaz. Il diffère de la chambre d'ionisation par la tension de fonctionnement qui varie de 1000 à 4000 V. Il est utilisé pour effectuer :
La sonde alpha SAP 100-2 est équipée d'un compteur proportionnel à air dont quelques caractéristiques sont :
2c. Le compteur Geiger - Müller Aucun des 2 détecteurs précédents n'est prioritairement employé pour le dénombrement, en raison principalement de leur électronique. En revanche, le compteur Geiger - Müller ne permet que des dénombrements. Ceci s'explique par la zone de tension dans laquelle il fonctionne : quel que soit le nombre d'ions primaires créés par le rayonnement incident, le compteur Geiger - Müller délivre des impulsions de grande amplitude. C'est donc un détecteur très sensible, d'un emploi universel. Par ailleurs, si la fenêtre par laquelle entre le rayonnement est très mince, le compteur peut détecter des particules β de très faible énergie (30 keV). L'enceinte contient un gaz rare (Ar, Xe). Il présente un inconvénient important : un fort temps mort qui entraîne un temps de résolution élevé, ce qui le rend inutilisable pour les forts taux de comptage ( ==> compteur proportionnel dans ce cas ? ) |
III. Les détecteurs à scintillations Schématiquement, ce type de détecteur contient une substance que l'on appelle le scintillateur et un photomultiplicateur couplé à ce scintillateur. Les électrons des molécules du scintillateur passent dans un état excité sous l'action des rayonnements ionisants. La désexcitation des molécules du scintillateur s'effectue par émission de photons de fluorescence ou de phosphorescence comme le montre la figure 6 :
On détecte donc une lumière émise entre 300 et 500 nm, la longueur d'onde étant caractéristique du scintillateur employé. Ce signal lumineux est ensuite converti en signal électrique. En conséquence, ce type de détecteur est utilisé pour :
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2. Caractéristiques et comparaison des différents détecteurs à scintillations Il existe 2 types de scintillateurs :
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Type de scintillateur |
minéraux |
organiques |
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plastiques |
liquides |
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exemple |
- NaI activé au
thallium
- sulfure de zinc activé à l'argent |
cristaux d'anthracène ou de stilbène |
- solvant
primaire : toluène ;
- solvant secondaire : éthylène glycol ; - soluté scintillant : POPOP |
modèle |
- sonde γ SG 70-2
- sonde α SA 70-2 |
sonde β SB 70-2 |
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détection |
NaI : X et γ
SZn : α |
β : E > 200 keV |
β de faible énergie :
3H : Eβmax = 18,6 keV |
avantages |
- bon pouvoir
d'arrêt
- bon rendement lumineux |
- faible
constante de temps
- facilité d'usinage |
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inconvénients |
- forte constante de temps
- sensibilité aux variations de température |
- mauvais
rendement lumineux
- mauvais pouvoir d'arrêt |
mélange de la
source au liquide
scintillant
=> source irrécupérable |
Remarques
Le rendement et la sensibilité des scintillateurs solides sont plus élevés que ceux des détecteurs à gaz. L'efficacité de détection est d'autant meilleure que le volume du scintillateur est important et que son numéro atomique, Z, est élevé. |
Historiquement, Becquerel ayant stocké des sels d'uranium près d'un film photographique, a constaté que ce film était impressionné. Les rayonnements ionisants ont donc la propriété d'impressionner les émulsions photographiques qui sont constituées :
L'interaction du rayonnement ionisant avec la suspension entraîne la libération d'électrons du brome : Br- <==> Br° + e- Cet électron est capturé par le soufre : S- + e- <==> S2- L'impureté S2- réduit ensuite l'argent interstitiel en lui cédant un électron : Ag+ + e- <==> Ag Il se forme un germe d'argent métallique (2 à 3 atomes par grain) qui est responsable de l'image latente. Le révélateur (ex : hydroquinone) complète la réduction des ions Ag+ des grains qui présentent un germe (5 105 à 106 ions par grain) ce qui fait apparaître l'image. Le fixateur (un thiosulfate) solubilise l'argent non réduit. |
A partir du film, on détermine la dose absorbée par l'intermédiaire de la densité optique du film révélé. En effet, il existe une plage dans laquelle la densité optique est proportionnelle à la dose absorbée ;
Le principal inconvénient du dosimètre photographique est la dépendance de sa plage d'utilisation (la partie linéaire entre " voile " et " saturation ") aux basses énergies (il y a un facteur 50 entre E = 50 keV et E = 1 meV). Pour chaque situation professionnelle, il est donc nécessaire de disposer de films dosimètres sous des écrans convenablement choisis, afin que la réponse soit indépendante de la gamme d'énergie qui caractérise cette situation. |
Si l'on observe un éclaté du dosifilm employé au Commissariat à l'Énergie Atomique (C.E.A.) : a. Les deux cylindres de plomb inclus dans la faxe arrière du boîtier permettent de déceler une exposition reçue dans le dos. En conséquence, le film doit être placé de telle manière que le nom du porteur soit visible. b. Le boîtier correspond à un équivalent tissus de 300 mg.cm-2 pour les rayonnements électromagnétiques. c. La plage " nue " sans écran correspond à une mesure effectuée sous 20 mg.cm-2, qui est l'épaisseur de la pochette contenant l'émulsion. d. La plage 200 µGy à 8 mGy et la plage 6 mGy à 300 mGy permettent la mesure de l'exposition mensuelle subie par la peau et l'organisme en profondeur, en situation normale. e. Le boîtier plus l'écran 1,5 mm d'aluminium, qui correspondent à un équivalent tissus de 700 mg.cm-2, arrêtent tous les rayonnements électroniques d'énergie inférieure à 1,6 MeV. f. Les autres écrans, d'épaisseur et de nature variables, permettent d'effectuer une spectromètrie des rayonnements électromagnétiques, essentiellement pour les doses absorbées les plus faibles. Pour une énergie d'une centaine de keV, une correction doit être effectuée pour tenir compte du voile dû à la grande sensibilité des émulsions dans ce domaine d'énergie. g. La plage 200 mGy à 8 Gy n'est lue qu'en cas d'accident d'exposition. h. Enfin, une nacelle amovible située en dessous du dosifilm contient deux pastilles de fluorure de lithium qui, faute de mieux, seront lues si le film est inexploitable. |
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1. Le dosifilm est l'instrument légal dont les travailleurs de catégorie A doivent être munis. Il contient des écrans qui permettent l'évaluation de l'exposition à différent types de rayonnements de gamme d'énergie distinctes. Il permet notamment la détermination de la dose absorbée par la peau (équivalent tissu de 70 mg.cm-2) et en profondeur (équivalent tissu de 300 mg.cm-2). 2. De manière générale, les dosimètres utilisés en radioprotection sont classés en 2 catégories :
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