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La molécule d'eau - Les liaisons dans les molécules biologiques |
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I. Introduction
II. La molécule d'eau
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III. La liaison ionique et les forces de Van der WAALS
IV. Les interactions hydrophobes V. Importance biologique des liaisons de faible énergie |
| I. Introduction
C'est d'une part l'étude des molécules qui constituent les êtres vivants, plus précisément l'étude de leur structure ou conformation. C'est d'autre part, l'étude de la transformation de ces molécules, c'est-à-dire l'étude des réactions chimiques au sein de la cellule et des organismes, notamment :
Enfin, le but de la biochimie est d'intégrer les données obtenus à l'échelle moléculaire à un niveau de complexité supérieure, celui de la cellule, puis celui de l'organe et enfin celui de l'organisme. Pour mener à bien leurs études, les biochimistes font appel à des techniques et des connaissances issues de nombreuses disciplines scientifiques autres que la biologie, par exemple :
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| Elément |
Symbole chimique |
Numéro atomique | % de la masse corporelle | % nombre total d'atomes | % nombre total d'atomes - H2O |
| OXYGENE | O | 8 | 65.0 | 25.5 | 28.0 |
| CARBONE | C | 6 | 18.5 | 9.5 | 50.0 |
| HYDROGENE | H | 1 | 9.5 | 63 | 3.5 |
| AZOTE | N | 7 | 3.5 | 1.4 | 9 |
| CALCIUM | Ca | 20 | 1.5 | ||
| PHOSPHORE | P | 15 | 1.0 | ||
| POTASSIUM | K | 19 | 0.4 | ||
| SOUFRE | S | 16 | 0.3 | ||
| SODIUM | Na | 11 | 0.2 | ||
| CHLORE | Cl | 17 | 0.2 | ||
| MAGNESIUM | Mg | 12 | 0.1 |
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On remarque qu'à eux seuls, lC, H, O, et N représentent environ 96% de la composition de la matière vivante: on notera au passage que les organismes vivants sont constitués de 60% à 95% d'eau et que tous les glucides ne sont constitués que de C, de H et de O. D'autres éléments que ceux du tableau existent à l'état de trace, ce sont les oligoéléments qui bien qu'extrèmement peu représentés n'en sont pas moins indispensables à la vie, par exemple :
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| C. Quelques caractéristiques de C, H, O ET N
Les 4 principaux éléments ont été sélectionnés par la nature pour leurs propriétés particulières. Ils sont représentés de manière homogène chez tous les organismes. On remarque en premier lieu que ce sont des atomes de faible numéro atomique Z (1, 6, 7 et 8). De ce fait, si l'on se réfère à leur configuration électronique, ce sont les plus petits atomes qui, en établissant une ou plusieurs liaisons, sont capables d'acquérir une couche externe complète, ils satisfont alors la règle de l'octet et sont stables :
Le carbone est un élément tout à fait particulier en ce qui concerne les biomolécules, dont on peut considérer qu'il en constitue le squelette:
Au passage, il faut noter qu'il existe une liberté complète de rotation autour de chaque liaison simple. En conséquence, les biomolécules qui contiennent beaucoup de liaisons simples peuvent exister sous un grand nombre de formes que l'on appelle conformations. En revanche, quand la liaison établie avec la carbone est double, on obtient des structures rigides. On peut donc supposer que l'une des raisons de la sélection du carbone par la nature, résulte de cette remarquable possibilité qu'a le carbone de créer des squelettes moléculaires dont la souplesse ou au contraire la rigidité peut être modulée par l'utilisation de liaisons simples, doubles, voire exceptionellement triples. Enfin, lorsque le carbone établit 4 liaisons simples, l'ensemble adopte une configuration tétrahédrique (tout comme la molécule d'eau que nous verrons par la suite). Si les 4 substituants sont des atomes ou des groupes fonctionnels de nature différente, le carbone est dit asymétrique ou chiral. Il peut exister sous deux formes isomères l'une de l'autre, ce sont des énantiomères. Une caractéristique remarquable de ces énantiomères est qu'ils ont des propriétés chimiques et physiques (excepté le pouvoir rotatoire) absolument identiques. En revanche, leurs propriétés biologiques peuvent être totalement différentes, à tel point qu'une forme énantiomérique peut s'avérer léthale pour un organisme, alors que l'autre forme entre dans la constitution de toutes les biomolécules d'un groupe. Par exemple, on ne trouve dans les protéines que des acides aminés de la série L (ou S). Pour leur part, les acides aminés de la série D (ou R) entrent dans la composition de certains peptides synthétisés par des micro-organismes, peptides qui sont de puissants antibiotiques. Un exemple est le gout sucré de certaines molécules et le goût amer de l'autre forme énantiomérique de ces mêmes molécules. Ainsi on voit l'énorme possibilité qu'ont ces 4 éléments de donner naissance à de trés nombreux types de fonctions et de liaisons, par exemple :
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| La molécule
d'eau se présente donc comme un tétraèdre
(figure ci-contre) dont l'atome
d'oxygène occupe presque le centre (s'il occupait le centre, l'angle
entre les deux liaisons O-H serait de 109.5°).
Les propriétés électroniques et géométriques de la molécule d'eau ont une conséquence importante: dans la liaison covalente O-H, l'oxygène, qui est plus électronégatif que l'hydrogène, attire davantage les électrons et il se crée ainsi une disymétrie dans la distribution des charges. Celle-ci peut schématiquement se représenter par deux charges ponctuelles positives à l'endroit des atomes d'hydrogène et deux charges négatives correspondant aux deux orbitales non liantes, ce qui crée un dipôle permanent au sein de la molécule d'eau. Il s'ensuit que l'eau, bien qu'électriquement neutre, possède un moment dipolaire important (1.8 Debye = 6.1 10-30 coulomb.m). Source : "Principes de Biochimie" Horton et al. (1994), Ed. DeBoeck Universités |
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B. La molécule d'eau établit des liaisons hydrogène
Une conséquence capitale de la polarité de la molécule d'eau est l'attraction qu'elle exerce sur les molécules d'eau avoisinantes: l'atome d'hydrogène d'une molécule subit l'attraction de l'atome d'oxygène d'une autre molécule. Il s'établit une liaison hydrogène.
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L'eau peut former jusqu'à 4 liaisons hydrogène avec ses voisines (figure ci-contre) :
Source : "Principes de Biochimie<" Horton et al. (1994), Ed. DeBoeck Universités |
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b) Chaleur de vaporisation La chaleur de vaporisation est la quantité de chaleur que 1 gramme de liquide doit absorber, à température constante, pour passer de l'état liquide à l'état gazeux. Là encore, l'eau a une chaleur de vaporisation trés élevée (2.26 kJ.g-1), en comparaison des autres liquides. Comme dans le cas de la chaleur de fusion et dans celui de la chaleur spécifique, l'énergie nécessaire à rompre les liaisons hydrogène pour que les molécules d'eau se dissocient et puissent changer d'état explique les fortes valeurs observées. Un aspect biologique important de cette propriété de l'eau est que l'un des moyens les plus efficaces dont dispose le corps humain pour abaisser sa température est la transpiration au cours de laquelle une grande quantité d'énergie est absorbée pour évaporer l'eau. |
c) L'eau se dilate quand elle gèle La densité de la plupart des substances augmente au cours de leur congélation. Le refroidissement de l'eau augmente aussi sa densité mais étonnamment jusqu'à un maximum atteint pour une température de 4°C. Ensuite, l'eau se dilate en se refroidissant davantage. La raison en est encore une fois liée aus liaisons hydrogène: en effet, la glace se forme quand la vitesse des molécules d'eau n'est plus assez élévée pour rompre les liaisons hydrogène. Il apparaît alors un réseau cristallin où toutes les molécules d'eau sont liées à 4 molécules voisines par liaisons hydrogène. Ces liaisons maintiennent les molécules éloignées les unes des autres, diminuant ainsi la masse volumique de l'eau. L'eau est donc l'une des rares substances qui possède une masse volumique moindre à l'état solide qu'à l'état liquide. La conséquence physique est que la glace flotte et en hiver seule la surface des étendues liquides gèlent. La couche de glace joue alors le rôle d'un isolant thermique qui empèche le fond des océans et des rivières de geler, préservant ainsi des conditions propices à la vie. |
d) Pouvoir de cohésion, adhérence et tension superficielle Les liaisons hydrogène dans l'eau n'ont qu'une durée de vie de 10-12 secondes. Mais en revanche, ils ne cesse de s'en former constamment et donc les liaisons hydrogène représente une force qui maintient ensemble les molécules d'eau et qui lui confère une particularité que n'ont que peu d'autres solvants: la cohésion. On trouve un exemple tout à fait illustratif de cette propriété de l'eau chez les végétaux. En effet, la cohésion permet à l'eau de résister à la gravitation et ainsi de se déplacer dans les tiges des plantes. Les molécules d'eau en s'évaporant des feuilles vont être remplacées par celles situées en dessous qu'elles attirent. Cette traction se transmet jusqu'à la racine. L'attraction mutuelle entre des molécules de substances différentes s'appelle l'adhérence. Ainsi l'adhérence entre l'eau et les parois des tissus végétaux permet également de contrer la gravitation. La tension superficielle résulte de la cohésion et restreint le nombre de molécule à la surface d'un liquide. Les gouttes ainsi formées ont un rapport surface/volume minimal qui permettent la formation d'un maximum de liaisons hydrogène. L'avantage biologique est la possibilité offerte à certaines surfaces de pouvoir retenir un plus grand volume d'eau. |
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III. La liaison ionique et les forces de Van der WAALS Dans certains cas, deux atomes exercent des atractions tellement inégales sur les électrons périphériques que l'atome le plus électronégatif arrache complètement un électron à l'autre atome. Il n'y a pas partage des électrons, à l'inverse de la liaison covalente. |
Prenons par exemple le chlorure de sodium:
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Source : Wikipédia |
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L'attraction qui relie maintenant les deux atomes de charge opposée s'appelle une liaison ionique. Les charges électriques sont régulièrement réparties autour des atomes et, de ce fait, la liaison ionique n'a pas, contrairement à la liaison hydrogène, de direction privilégiée. La liaison ionique est moins énergétique que la liaison covalente (de 60 à 100 kJmol-1) mais est la plus forte des liaisons non covalentes. |
| C. Les forces de Van der WAALS
De faibles forces intermoléculaires apparaissent entre tous les atomes neutres à l'occasion d'interactions électrostatiques transitoires. Ces forces sont les forces de Van der Waals. Elles n'apparaissent que lorsque les atomes sont trés proches. Elle proviennent de dipôles infinitésimaux produits dans les atomes par le mouvement des électrons autour de leur noyau chargé positivement. Ces forces représentent donc l'attraction électrostatique entre le noyau d'un atome et les électrons d'un autre atome. Quand les atomes soumis à des forces de Van der Waals se rapprochent trop, ils subissent une forte répulsion. Par contre, l'attraction est pratiquement nulle quand la distance interatomique dépasse la somme des distances d'empilement optimal, distance appelée rayon de Van der Waals. Quand deux atomes sont distants d'une valeur correspondant à la somme de leur rayon de Van der Waals, la force qui les attire est alors maximale. Ce sont des forces dont l'énergie de liaison est encore plus faible que celle des liaisons hydrogène (environ 0.1 à 1 kcal.mol-1). |
| V. Importance biologique des liaisons de faible énergie
Les liaisons faibles sont d'une importance capitale pour les processus biologiques :
Citons des exemples de l'importance majeure des liaisons faibles :
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