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Variation d'Energie Libre de Gibbs - conditions standard (ΔG'°) et physiologiques (ΔG') Constante d'équilibre - ATP et couplage énergétique de réactions |
Sommaire |
| I. Introduction au métabolisme et à la bioénergétique
II. Rappels des principes de la thermodynamique et de fonctions d'état III. Variation d'énergie librede Gibbs et constante d'équilibre d'une réaction |
IV. L'ATP : principale source d'énergie dans la cellule 1. Couplage des réactions biochimiques 2. Structure et hydrolyse de l'ATP 3. Couplage de l'hydrolyse de l'ATP et de la biosynthèse de molécules par transfert de groupement phosphoryle 4. L'énergie d'hydrolyse de certains métabolites est couplée à la synthèse de l'ATP 5. Le coenzyme A : un autre composé à haut potentiel énergétique impliqué dans le transfert de groupe acyle 6. Les enzymes et l'abaissement de l'énergie d'activation (voir une animation) |
| I. Introduction au métabolisme et à la bioénergétique
1. Pour vivre les organismes doivent extraire de l'énergie à partir de la matière environnante et la convertir en d'autres formes d'énergie propres à leur existence. Les organismes peuvent être divisés en deux classes étroitement liées :
2. Toute cellule est le siège de milliers de réactions biochimiques qui mettent en jeu des transferts de matière et d'énergie. Cet ensemble de réactions s'appelle le métabolisme. Les réactions forment un réseau de voies très ramifiées le long desquelles les molécules, que l'on appelle des métabolites, sont transformées. Certaines voies métaboliques libèrent de l'énergie en décomposant des molécules de structure élaborée en composants élémentaires de structure plus simples pour finir par l'oxydation complète des biomolécules en CO2 et H2O. Cet ensemble de processus de dégradation s'appelle le catabolisme. La respiration cellulaire dans les mitochondries en est un exemple caractéristique. A l'inverse, l'énergie libérée au cours des processus cataboliques est utilisée pour fabriquer un très large ensemble de molécules complexes à partir de quelques précurseurs simples. Cet ensemble de réactions de biosynthèse s'appelle l'anabolisme. Un exemple en est la photosynthèse dans les chloroplastes ou la synthèse des protéine à partir d'acides aminés. L'ensemble de ces réactions se déroulent à une très grande vitesse, bien supérieure à celles qu'elles auraient isolément dans la nature, grâce à des catalyseurs biologiques que sont les enzymes. 3. En conclusion, la cellule va constamment :
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| Tous les êtres de la biosphère dépendent de cette transformation de l'énergie lumineuse en énergie chimique. |
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Voici des exemples de travaux cellulaires :
C'est le travail chimique qui est développé dans ce cours. |
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II. Rappels des principes de thermodynamique et de fonctions d'état On ne peut expliquer les principes qui régissent les mouvements de matière et d'énergie entre les organismes et leur environnement et au sein des organismes eux-mêmes qu'en faisant appel aux lois de la thermodynamique. L'application des lois de la thermodynamique aux réactions biochimiques constitue ce que l'on appelle la bioénergétique. Rappelons tout d'abord les deux formes principales d'énergie :
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L'entropie n'est pas une fonction directement utilisable puisqu'il est impossible de mesurer l'entropie de l'Univers. Un physicien américain, Josiah Willard Gibbs, a introduit à la fin du siècle dernier une nouvelle fonction d'état que l'on appelle (en son hommage) l'énergie libre de Gibbs ou enthalpie libre ou G. Cette fonction s'écrit à une température donnée : ΔG = ΔH - TΔS
En conséquence, la capacité d'un système à fournir un travail utile diminue à mesure que ce système se rapproche de son état d'équilibre, puisque son énergie potentielle (son enthalpie) est de plus en plus faible. A l'équilibre, le système ne peut plus fournir de travail : ΔG est NUL.
Entropie d'un système et le degré de désordre qui en découle : Exercice d'illustration N°2 |
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III. Variation d'énergie libre de Gibbs et constante d'équilibre d'une réaction 1. Relation : ΔG' = ΔG°' + RT Ln (rapport concentrations dans la cellule). L'énergie libre de Gibbs d'un métabolite A (G'A) à la concentration à laquelle il se trouve dans la cellule ([A]φ ) est reliée à son énergie libre de Gibbs standard (GA°') par la relation : G'A = GA°' + RT Ln [A]φ (relation 1)
la variation d'énergie libre de Gibbs (ΔG'réaction) est la somme de celles des produits moins la somme de celles des réactants, soit : ΔG'réaction = (G'C + G'D) - (G'A + G'B) Exprimée en fonction de la variation d'énergie libre standard de chacun des composés de cette réaction (GA°', ...), on obtient en substituant pour chaque composé son expression selon la relation 1 : [C]φ . [D]φ A l'équilibre, la variation d'énergie libre de la réaction est nulle : Donc : ΔG'réaction = 0 [C]éq . [D]éq Où Kéq est la constante d'équilibre, c'est-à-dire le rapport des produits des concentrations à l'équilibre (exemple : [A]éq) En conclusion :
Vous trouverez des exercices très illustratifs sous forme d'animations (via des "applet" java) notamment : "Reaction", "Gibbs" et "Equilibrium" |
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2. Processus à l'état stationnaire ou à l'état d'équilibre Une notion extrêmement importante est celle d'état stationnaire des voies métaboliques. Chaque voie métabolique correspond à un grand ensemble de réactions biochimiques dont chacune a pour substrat le produit de la réaction qui la précède. Considérons le cas le plus simple, un enchaînement de trois réactions : A ---> B ---> C La concentration de l'intermédiaire métabolique B est dans un état dit stationnaire quand la vitesse de formation de B à partir de A est égale à la vitesse de disparition de B pour former C. A l'état stationnaire, la concentration de B est donc constante, alors que A disparaît et que C s'accumule. En d'autres termes, dans une voie métabolique, il y a un apport constant du premier métabolite de cette voie et consommation constante du dernier. Cette situation est donc distincte d'une réaction à l'équilibre (A <===> B), pour laquelle les concentrations des 2 métabolites sont constantes. En conséquences, les voies métaboliques sont dans un état stationnaire qui n'est pas forcément un état d'équilibre. En d'autres termes, les réactions d'une voie métabolique sont plus ou moins éloignées de l'état d'équilibre. Quelle en est la cause thermodynamique ? C'est l'augmentation de l'entropie d'un système qui le pousse vers un état d'équilibre, et cet état d'équilibre s'accompagne d'une augmentation du désordre de ce système. Mais dans les systèmes métaboliques, les forces de l'entropie sont dominées par des processus cellulaires qui sont créateurs d'ordre. En d'autres termes, par des processus qui diminuent l'entropie, donc qui ont tendance à éloigner le système de l'état d'équilibre. Cette balance entre rapprochement et éloignement de l'état d'équilibre est l'état stationnaire. L'état stationnaire est une notion capitale dans un domaine en voie de développement : la reconstruction métabolique à l'échelle d'un génome. |
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3. Irréversibilité d'une réaction et régulation du métabolisme De la relation établie précédemment :
il ressort un concept primordial : c'est la concentration physiologique des métabolites qui régit la variation d'énergie libre d'une réaction, donc sa spontanéité, donc le sens dans lequel elle se déroule. Réactions réversibles :
Réactions irréversibles :
Cette dernière caractéristique explique aussi pourquoi les réactions réversibles ne peuvent pas constituer des points de contrôle du métabolisme : l'activité des enzymes qui catalysent les réactions réversibles n'est pas modulable par des effecteurs. |
2. Structure et hydrolyse de l'ATP L'ATP est un triphosphate de nucléoside dans lequel :
Pour faire apparaître de multiples fonctions du menu Jmol :
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L'énergie libre de Gibbs contenue dans l'ATP est transférée au moment où les liaisons phosphoanhydride sont scindées pour former:
Bien que les groupes phosphoryle de l'ATP soient généralement transférés à d'autres accepteurs que l'eau, les réactions d'hydrolyse donnent des valeurs utiles pour évaluer les variations d'énergie libre qui découlent de ces coupures. Dans les conditions standard :
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Pourquoi l'hydrolyse de l'ATP est-elle si exergonique ? Les trois groupements phosphate contigus chargés négativement constituent une disposition instable et riche en énergie potentielle. L'hydrolyse de l'ATP est donc exergonique car, en premier lieu elle diminue la répulsion électrostatique entre les atomes d'oxygène chargés négativement des groupes phosphate de l'ATP.
2eme facteur Les effets de la solvatation et en l'occurrence de l'hydratation des ions contribuent notablement à l'énergie libre négative fournie par l'hydrolyse de l'ATP. En effet, plus un ion est hydraté, plus il s'entoure d'une enveloppe de molécules d'eau qui lui sert d'écran et le protège des effets de répulsion électrostatiques. Or il se trouve que les produits de l'hydrolyse de l'ATP, c'est-à-dire l'ADP et le Pi ou l'AMP et le PPi, sont mieux hydratés que l'ATP lui-même, donc mieux protégés et par conséquent plus stables du point de vue thermodynamique, ce qui est en faveur de la réaction dans le sens de l'hydrolyse de l'ATP. 3eme facteur Les atomes de phosphore des groupes phosphate de l'ATP sont en compétition pour les électrons libres des atomes d'oxygène. Il en résulte plusieurs formes résonnantes. Or, les produits de l'hydrolyse de l'ATP sont plus stabilisés par cet effet de résonance que ne l'est l'ATP lui-même. Cette différence de stabilité des formes résonnantes est la force principale qui rend compte du caractère fortement exergonique de l'hydrolyse de l'ATP. |
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3. Couplage de l'hydrolyse de l'ATP et de la biosynthèse de molécules par transfert de groupement phosphoryle La cellule est capable d'utiliser l'énergie dégagée par l'hydrolyse de l'ATP pour effectuer des processus endergoniques. L'un de ces processus est la biosynthèse de molécules :
Exemple : la synthèse de la glutamine à partir du glutamate par la glutamine synthétase se déroule de la manière suivante :
Les kinases ou phosphotransférases catalysent le transfert du groupe phosphoryle γ de l'ATP (ou plus rarement d'un autre nucléoside triphosphate) à un autre substrat. Ces enzymes catalysent des réactions irréversibles. |
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4. L'énergie d'hydrolyse de certains métabolites est couplée à la synthèse de l'ATP A l'inverse de ce que nous venons de voir, au cours de leur hydrolyse, certains métabolites libèrent une quantité d'énergie libre supérieure à celle qui est fournie par l'hydrolyse de l'ATP dans les mêmes conditions. Cette énergie peut donc être utilisée pour la synthèse d'ATP. Les enzymes qui transfèrent le groupe phosphoryle de ces molécules pour former de l'ATP s'appellent aussi des kinases. Voyons 2 molécules dont l'hydrolyse peut être couplée à la synthèse de l'ATP: le phosphoénolpyruvate et la phosphocréatine. 4a. Le phosphoénolpyruvate La liaison phosphate la plus énergétique connue est celle du phosphoénolpyruvate (ou PEP), qui est un intermédiaire de la voie de dégradation des sucres, la glycolyse. La valeur de ΔG°' est de - 14,8 kcal/mol. Le PEP est un énol ester dont l'hydrolyse se déroule en trois étapes :
On peut donc rendre compte du fort caractère énergétique du PEP en considérant que cette molécule correspond à un énol bloqué par le groupe phosphoryle : le départ de ce groupe autorise la molécule à prendre la forme cétone qui est beaucoup plus stable. Dans la glycolyse, la pyruvate kinase catalyse le transfert du groupe phosphoryle du PEP à l'ADP pour former de l'ATP et du pyruvate est la pyruvate kinase. Malgré la formation d'une molécule d'ATP, la réaction est très exergonique : -14,8 - (-7,3) = - 7,5 kcal/mol et représente l'une des principales sources d'ATP dans la cellule. Ce mode de synthèse d'ATP s'appelle phosphorylation au niveau du substrat. L'autre mode est la synthèse d'ATP par l'ATP synthase à l'issue d'un ensemble de réactions qui ont lieu dans la mitochondrie, la chaîne respiratoire. 4b. La phosphocréatine Le cycle de l'ATP s'effectue à un rythme ahurissant. Une cellule musculaire au travail, par exemple, renouvelle la totalité de son stock d'ATP environ une fois par minute. Cela représente 10 millions de molécules d'ATP utilisées et régénérées par seconde et par cellule. Dans les muscles des vertébrés, c'est une enzyme qui s'appelle la créatine kinase qui catalyse l'approvisionnement en ATP en transférant le groupe phosphoryle activé de la phosphocréatine. Cette molécule de même que la phosphoarginine sont des phosphagènes. Les liaisons sont des phosphoamides et non des phosphoanhydrides. |
| 5. Le coenzyme A : composé à haute énergie libre impliqué dans le transfert de groupe acyle
Le coenzyme A ou CoA ou CoASH est la molécule qui permet les réactions de transfert des groupes acyles (R-C=O), comme lors du catabolisme des acides gras. Ces groupes sont liés au coenzyme A par des liaisons thioester, liaisons à haut potentiel énergétique (ΔG°' = - 9 kcal/mol). Le coenzyme A est un dérivé de l'acide pantoténique, vitamine de la famille des vitamines B. |
| 6. Les enzymes et l'abaissement de l'énergie d'activation (voir une animation) Les enzymes sont les catalyseurs des réactions biochimiques. Ce sont des protéines et chacune d'entre elle est spécifique d'une réaction donnée. Les molécules qui réagissent avec les enzymes sont appelées les substrats ou réactifs et les molécules obtenues après la réaction sont les produits. Un substrat et un produit sont caractérisés par des liaisons chimiques. Au cours d'une réaction, des échanges d'énergie avec le milieu environnant ont lieu : certaines liaisons du substrat sont rompues en absorbant de l'énergie et certaines liaisons du produit sont formées en libérant de l'énergie. Dans le cas d'une réaction exergonique, l'énergie nécessaire pour rompre les liaisons est inférieure à l'énergie libérée lors de la formation des liaisons. L'énergie requise pour que la réaction ait lieu s'appelle l'énergie libre d'activation ou énergie d'activation : ΔG#activation. C'est l'énergie nécessaire pour que les liaisons du substrat qui doivent être rompues le soient.
Il faut noter que même dans le cas d'une réaction exergonique, les réactifs doivent franchir la barrière d'activation. Cette barrière est essentielle pour la vie : sans elle, les macromolécules (protéines, acides nucléiques ...) à fort potentiel énergétique se décomposeraient spontanément. Même si les lois de la thermodynamique indiquent que cette décomposition est favorisée, peu de molécule peuvent franchir cette barrière à la température caractéristique de la vie cellulaire. Cette particularité permet aux organismes vivants d'en contrôler l'utilisation à l'aide de catalyseurs particuliers : les enzymes. Celles-ci sont des protéines. Certaines molécules d'ARN, les ribozymes, sont capables de catalyser des réactions d'auto-épissage. Une enzyme augmente la vitesse de la réaction en abaissant l'énergie d'activation : à la même température, les réactifs franchissent plus facilement et donc plus fréquemment la barrière d'activation. Les enzymes ne modifient pas la variation d'énergie libre de Gibbs de la réaction. Elles augmentent la vitesse de la réaction. |